Le mur vivant gagne en popularité dans l'entreprise. Le concept vient de France et possède bien des avantages en termes d'isolation et de réduction des polluants.
"J'ai été formé à l'institut horticole de Gembloux. Je suis tombé amoureux des jardins grâce à mon père. Plus tard, j'ai été captivé par le concept du mur végétal", raconte Quentin Halot, créateur de jardins horizontaux et... verticaux.
L'idée du mur végétal a été développée par Patrick Blanc, un botaniste français de renom, docteur en sciences et chercheur au CNRS. L'homme a étudié les plantes aux quatre coins de la planète. Et il s'est dit que, même dans nos régions tempérées, la végétation colonise des supports comme les rochers et les falaises. Les plantes n'ont pas besoin de terre pour vivre tant que leurs racines peuvent se fixer sur une surface stable et qu'elles sont abreuvées en eau et en sels minéraux. Le botaniste s'est donné comme mission d'introduire les plantes en ville dès la fin des années 1980. Entre béton et bitume, il s'est servi du seul espace encore très largement disponible dans la cité : celui des façades. Il a créé des murs végétaux grâce à un support spécifique en métal et en PVC, car les racines ne doivent pas abîmer le bâtiment. Ce cadre pour plantations a été équipé d'un système d'irrigation.
La notoriété de Patrick Blanc a sauté les frontières. De Paris au Japon, en passant par les Émirats arabes, le mur végétal a fait – et fait toujours – un tabac. Il est écologique, bien dans l'air du temps. Il sert de refuge à la biodiversité en milieu urbain. Le vide entre le mur végétal et la façade assure en outre une isolation contre le froid en hiver et contre la chaleur en été. Il protège aussi des intempéries et de la pollution.
Aussi pour l'intérieur
Patrick Blanc a fait école en Belgique. Et parmi ses disciples, il y a Quentin Halot, entrepreneur namurois de jardin. "Mon entreprise a été créée en 2002. Je travaillais seul au début. J'effectuais surtout des entretiens dans de petits jardins privés, dit-il. J'ai été contacté par des bureaux d'architecture. Cela m'a permis de travailler sur de plus gros chantiers et, de fil en aiguille, d'œuvrer dans le domaine des murs végétaux que j'affectionne particulièrement."
"Les sociétés qui choisissent un mur végétal le font car elles veulent donner une image plus verte, plus écologique d'elles, poursuit Quentin Halot. Il s'agit d'une alternative au look béton ou au verre des immeubles des villes. La tendance est de 'végétaliser' le monde. L'entreprise se veut verte et le montre. Mais ce n'est pas que du marketing. Les avantages sont réels en ce qui concerne l'isolation et la régulation thermique, l'isolation acoustique, etc. Cela induit aussi une augmentation de la circulation des masses d'air, la régulation de l'hygrométrie ambiante (le degré d'humidité de l'air). Un mur végétal est également utile dans la lutte contre les polluants autour et dans l'habitat (fumées, solvants, poussières)."
Certaines plantes comme le lierre, le philodendron et le ficus ont effectivement la réputation de réduire la dangerosité des solvants et autres produits chimiques présents dans nos intérieurs.
"Un mur végétal ne se réalise pas seulement sur une façade extérieure, mais aussi à l'intérieur, par exemple dans des complexes de bureaux. Nous employons davantage d'espèces exotiques à l'abri. Les plantes indigènes sont choisies pour l'extérieur, détaille le jardinier spécialisé. Le mur vivant se modèle également au départ de différentes structures métalliques dans les bureaux. Elles permettent de nombreuses formes, de véritables murs objets. Les architectes d'intérieur raffolent de leur esthétisme."
De l'eau récoltée et recyclée
"Je travaille dans le respect de l'environnement, poursuit Quentin Halot. Un mur végétal peut rejeter des eaux chargées. J'emploie donc un système d'irrigation intégrée de type goutte-à-goutte. De l'eau de pluie est récoltée. Nous y intégrons les oligoéléments et les éléments nutritifs nécessaires à la croissance des plantes. Il n'y a pas de rejet direct aux égouts. On travaille en circuit fermé pour gaspiller le moins possible. L'eau filtrée est réutilisée. Ce qui permet d'économiser l'or bleu et l'engrais."
Et que coûte un mur végétal ? "Son prix varie entre 700 et 1.000 euros le mètre carré, conclut le jardinier. Certains projets font 25 mètres de haut et coûtent 1.200 euros le mètre carré. Nos clients sont de grandes entreprises ou des particuliers. Je travaille pas mal sur Bruxelles et Anvers. Le mur végétal est un jardin vertical. Il nécessite ensuite de l'entretien : plusieurs passages de taille et des mises en forme des plantes. Le check-up de l'installation se fait deux fois par an."





