Le Journal de l'Architecte

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La première gare haute qualité environnementale et solaire française

La première gare haute qualité environnementale française a été inaugurée à Achères (Yvelines) après un an de travaux. C'est la première gare française à avoir bénéficié d'une approche "haute qualité environnementale" (HQE), dont elle a été "site pilote". C'est aussi la première "gare solaire" de France.

04Grâce à la mise en place de dispositifs et matériaux innovants et efficaces sur le plan énergétique et environnemental (panneaux solaires, membrane photovoltaïque, vitrages à isolation renforcée, pompe à chaleur, détecteurs de mouvement, conduit de lumière, toiture végétalisée, récupération des eaux de pluie, urinoirs sans eau, etc), la nouvelle gare consomme 64% d'énergie de moins que l'ancienne, émet 84% de gaz à effet de serre en moins (soit 12 tonnes d'équivalent CO2 évitées par an), produit l'équivalent de 25% de l'énergie qu'elle consomme et a réduit sa consommation d'eau de 59%. De plus, son toit photovoltaïque en fait la première « gare solaire » de France.

Une gare située dans un secteur en fort développement
La commune d'Achères, située dans le département des Yvelines, compte environ 20 000 habitants (recensement de 1999) et connaît un fort développement. Elle est desservie par 2 gares Transilien SNCF : Achères Ville et Achères Grand Cormier.
La gare d'Achères Ville est située en zone de tarification 5. Elle est desservie par l'une des deux branches SNCF du RER A et par la ligne L (axe Paris St Lazare – Cergy le Haut), à raison de 12 trains à l'heure aux heures de pointe. Elle accueille aujourd'hui environ 6000 personnes par jour (soit 12 000 passages quotidiens).

La gare est située en lisière de la forêt de Saint-Germain-en-Laye, dans une zone en cours d'urbanisation. Près de la gare, une « éco-ZAC » a été lancée par la commune. La plupart des logements et bureaux qui sont projetés ou réalisés intègrent une composante écologique, voire HQE.

L'état initial de la gare
L'ancienne gare datait de 1976. Fin 2005, une étude a été lancée pour définir le contenu d'un projet de réaménagement. Le diagnostic a mis en évidence l'absence de confort des espaces clients, l'inadaptation des locaux aux besoins du service, le besoin de requalification du souterrain passant sous les voies, la nécessaire réfection du parvis et la non-conformité de la gare aux normes d'accessibilité.

En janvier 2007, une étude environnementale a été réalisée. Elle a montré que le bâtiment était peu économe en énergie en raison des modes de construction en usage à l'époque de son édification. Mal isolé et doté d'une chaudière fioul vieillissante, il était peu efficace énergétiquement avec une consommation d'énergie importante, même si le premier choc pétrolier (1973) aurait déjà dû alerter les maîtres d'oeuvre précédents.

Les fondements d'un nouveau référentiel HQE pour les gares
La méthodologie de la « haute qualité environnementale » (label HQE) a permis d'élaborer un projet global. En l'absence de référentiel HQE pour les gares, qui n'existe pas encore, la rénovation de la gare d'Achères Ville a permis de jeter les bases d'une mise en application de la méthodologie HQE aux bâtiments accueillant des voyageurs, aussi bien les gares que les aérogares.

La démarche HQE, contrôlée et certifiée par l'association « Haute Qualité Environnementale », est une méthodologie qui engage à réaliser des actions de réduction des impacts environnementaux sur 14 thèmes « cibles » répartis en deux familles, les enjeux environnementaux globaux et les aspects de confort.

Une isolation thermique de qualité a été mise en place : vitrages à isolation renforcée, parois isolantes, toiture végétalisée. Les doubles vitrages sont constitués de deux vitrages à basse émissivité séparés par une lame d'argon qui permettent une bonne isolation thermique des bureaux tout en diminuant les besoins en chauffage.
Un mur isolant a été réalisé en briques de terre cuite alvéolaires (« monomur ») en façade ouest. Elles servent de « piège à chaleur » pendant la journée. En été, la chaleur est rejetée alors qu'en hiver elle est utilisée pour chauffer les locaux. L'opacité de cette façade permet d'éviter les problèmes de surchauffe estivale dont souffrait l'ancien bâtiment, et diminue les déperditions thermiques en hiver.

175 m² de membrane photovoltaïque ont été posés sur le toit du bâtiment central pour produire de l'électricité. Cette production permet de couvrir un quart des besoins en électricité du bâtiment. De plus, des panneaux solaires thermiques chauffent l'eau chaude sanitaire, ce qui économise de l'électricité.

Une pompe à chaleur air-eau à double flux réversible a remplacé l'ancienne chaudière au fioul. Elle rafraîchit les locaux en été et les chauffe en hiver en réduisant la consommation d'énergie et en supprimant les émissions polluantes.

Un conduit de lumière naturelle installé au dessus du couloir d'accès aux voies y fait descendre la lumière naturelle par un jeu de miroirs.

Un toit végétalisé installé sur une partie des locaux filtre biologiquement les eaux de pluie. Il limite les rejets pluviaux dans les réseaux, renforce l'isolation thermique des locaux et contribue à préserver la biodiversité en milieu urbain.

Les eaux pluviales sont récupérées pour le nettoyage extérieur, l'arrosage des plantations et l'alimentation des chasses d'eau des toilettes. Outre des chasses d'eau alimentées par les eaux de pluie, les toilettes écologiques comportent des « urinoirs sans eau » et des robinets temporisés, deux techniques qui réduisent la consommation d'eau. La technique des « urinoirs sans eau » repose sur un système de « liquide occlusif » ou de membrane en caoutchouc qui évite le contact entre l'urine et l'air et empêche la formation d'odeurs. Ce système réduit la consommation d'eau et les frais d'assainissement.
Au total, le nouveau bâtiment consomme 59% d'eau de ville de moins que l'ancien, l'eau de ville restant utilisée pour les robinets des WC et la kitchenette des locaux du personnel.

Enfin, le chantier fût plus respectueux de l'environnement : maîtrise des nuisances sonores, utilisation de matériaux identifiés « qualité environnementale », tri sélectif des déchets sur place, gestion des eaux de lavage...

 
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