La façade en béton brut de la salle de spectacles inaugurée en mai peu avant le festival international de jazz qui fait la célébrité de la bourgade, est au coeur d'une querelle entre ses créateurs, le cabinet King Kong et l'architecte des Bâtiments de France.
Un groupe d'architectes bordelais renommés est venu à la rescousse du cabinet King Kong qui a conçu l'auditorium de Marciac (Gers, France) pour s'élever contre la volonté de l'ABF de faire exécuter les termes du permis de construire qui prescrivait de faire peindre la façade de béton brut de l'Astrada.
Le 23 novembre, dans une lettre ouverte à l'ABF, Michel Jacques, directeur artistique d'Arc en rêve, centre d'architecture, Marc Saboya, professeur d'histoire de l'art à l'université de Bordeaux-3, Francis Cuillier, Grand Prix de l'urbanisme 2006, Delphine Costedoat, historienne de l'art diplômée de Bordeaux-3 et critique d'architecture, proclamaient que "l'identité architecturale" de l'Astrada était "menacée".
"Respectueuse du passé, mais refusant le pastiche, l'Astrada répond à l'authenticité qui sourd des maisons basses, aux murs dénués d'apprêt vain, par l'adoption du béton matricé ou désactivé laissé brut pour toutes ses surfaces principales", écrivent les signataires.
L'atelier d'architecture King Kong "vient d'être sommé (...) de badigeonner les belles parois de béton pur de la salle de spectacles d'une couleur jaune, à laquelle viendrait se marier une nappe chocolat, l'ensemble prenant ainsi la tournure d'un tiramisu gersois dont on chercherait en vain la légitimité et l'intérêt", soulignent les auteurs de la lettre.
Le maire de Marciac, Jean-Louis Guilhaumon (PS), signataire du permis comme le président du conseil général Philippe Martin (PS) qui préside le syndicat mixte du grand site de Marciac, maître d'ouvrage de l'Astrada, reconnaissent "l'engagement" qui avait été pris, mais soulignent que la façade en béton est "parfaitement compatible avec le site". M. Martin souhaite donc "une médiation avec l'ABF pour que la raison l'emporte, d'autant que ce n'est plus le même homme" que celui qui avait prescrit de peindre la façade dans des "couleurs chaudes" en harmonie avec celles du bourg.





