Vivre dans un logement adapté aux épidémies

Vivre dans un logement adapté aux épidémies

À défaut de pouvoir tous s'installer dans de vastes maisons, voici quelques enseignements à tirer de la pandémie pour vivre confortablement quelle que soit la situation.

Nos logements vont-ils changer dans le monde d'après? Une chose est sûre: les grandes villes et les petits appartements se sont révélés incapables de protéger leurs habitants, comme le dénonce l'architecte Jacques Ferrier qui appelle à réinventer notre urbanisme. De son côté Jean-Michel Wilmotte estime également qu'il est temps de repenser l'articulation entre les espaces privés et les espaces publics, afin de mieux se préoccuper du bien-être des habitants. Il est vrai que par le passé les grandes épidémies (peste, choléra, tuberculose...) ont largement contribué à modeler l'urbanisme et il n'est pas impossible que le Covid-19 y laisse sa trace.

En attendant, de façon plus modeste, il y a déjà quelques leçons à tirer de cette épidémie pour savoir ce qu'est un «bon» logement, à en croire Éric Wirth, vice-président de l'Ordre des architectes, qui exerce son activité à Bordeaux. Et plutôt que se focaliser sur la seule chasse au virus et envisager des solutions complexes ou futuristes, cet architecte estime que les habitations du monde d'après feraient bien de s'inspirer de celle du monde d'avant l'époque actuelle. «L'une des vertus de cette crise, estime-t-il, c'est qu'elle a rappelé qu'un logement c'est autre chose qu'un produit financier ou des mètres carrés et que vivre dans un cadre de qualité, c'est important.»

Double exposition

Parmi les éléments incontournables, il estime qu'un logement doit disposer d'une double orientation permettant de créer un courant d'air et de le renouveler en quelques minutes. La qualité de l'air est en effet fondamentale, une bonne VMC (ventilation mécanique contrôlée) bien entretenue est essentielle, mais une ventilation naturelle efficace est toujours un plus. Une vue et des espaces extérieurs sont évidemment d'autres qualités appréciables.

Et ces éléments restent importants aussi bien en cas de crise sanitaire que climatique. Bon nombre de spécialistes craignent que les dernières ne soient encore plus récurrentes que les premières. Mais surtout, «les espaces intérieurs doivent être capables d'accueillir tous types d'activités», ce qui passe par des aménagements dédiés. On pense notamment à des espaces de travail prévus comme tels et aussi au retour des cloisons pour délimiter certaines fonctions. «Nous avons globalement perdu 15% de la surface de nos logements et demandons désormais à un espace monofonctionnel de servir à tous usages. Alors, forcément cela crée de l'inconfort», explique le vice-président de l'Ordre des architectes.

Éric Wirth pointe notamment la cuisine ouverte, souvent imposée selon lui pour réduire les coûts, ou l'absence de séjour et aussi d'entrée. Cette dernière par exemple pourrait parfaitement faire office de sas de décontamination pour y laisser ses affaires de l'extérieur, se désinfecter avant de rejoindre son cocon. Enfin, il milite pour que le critère santé soit de plus en plus présent dans le logement. Cela passe notamment par la qualité des matériaux, l'absence de COV (composés organiques volatils) et l'usage de produits naturels.

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