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9-9 bis

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    Conversion du site de la mine d’Oignies en équipement culturel par Hérault Arnod architecture

    La mine de charbon d’Oignies a fermé en 1990, laissant toute une population au chômage et une région en désarroi économique.

    Restent les bâtiments, superbes monuments industriels réalisés au début du 20e siècle. Le projet de reconquête du 9-9 bis est amorcé en 2005 par le concours lancé par la Communauté d’Agglomération d’Hénin-Carvin (14 communes, 125 000 habitants). Le projet d’Hérault Arnod architecture, lauréat du concours, proposait une programmation autour de la musique et du son. Ce thème a été choisi en mémoire du bruit intense produit par ce lieu industriel lorsqu’il était en activité et qui est depuis retombé dans le silence de l’abandon. La reconversion de l’ensemble des bâtiments de la salle des pendus est la dernière étape de la transformation du site.

    Le projet, inscrit dans une démarche de valorisation touristique et culturelle, comprend un schéma directeur général, la redéfinition du paysage et des accès, les reconversions du bâtiment classé des machines et l’ensemble de la salle des pendus, ainsi que l’édification de nouveaux bâtiments : un immeuble de bureaux en extension d’un atelier existant, et le Métaphone®, architecture expérimentale à la fois salle de concert et instrument de musique urbain. Les différents éléments du projet ont été construits successivement pendant 10 ans, l’ensemble du bâtiment de la salle des « pendus » étant le dernier livré. La renaissance de ce site emblématique repose sur la création artistique et le développement économique. Elle s’opère par la combinaison d’architectures contemporaines associées à la revalorisation des bâtiments existants dont l’intégrité est préservée.

    L’ensemble des bâtiments rénovés dernièrement était constitué d’un complexe de vestiaires, de douches et de salles techniques accolées à une immense halle. Dans cette dernière étaient installés les « pendus », un système de crochets et de poulies qui permettait de suspendre au plafond les vêtements poussiéreux et humides des mineurs. La salle des pendus est une nef de 70m de long, qui est bordée de part et d’autre de salles de douches collectives, aujourd’hui transformées en bureaux. L’une d’elles a été conservée dans son état d’origine à titre de témoignage.

    Les différents corps de bâtiments, construits entre 1928 et 1970, sont de factures diverses, unifiés par les façades en briques percées de grandes fenêtres. Les charpentes métalliques sont assemblées par boulonnage pour les plus anciennes. Les toitures sont soit en tuiles mécaniques, soit en fibre-ciment, parfois surmontées de verrières. Cet ensemble abrite aujourd’hui les bureaux de l’administration du site, des salles de musique, de danse, de répétition d’orchestre et de séminaires, des studios d’enregistrement et un plateau télé.

    L’installation des fonctions contemporaines impliquait une nouvelle partition de l’espace, la création d’une série de petits locaux isolés acoustiquement. Pour préserver l’intégrité du bâti historique, les grands espaces sont « meublés » plutôt que cloisonnés. Ce dispositif permet de conserver la perception des volumes existants, laissant filer les perspectives des murs et des toitures. Ces ouvrages intégrés sont habillés de plaques d’aluminium poli qui reflètent les structures enveloppantes. Ainsi, les nouveaux volumes semblent absorber les matières de l’enveloppe d’origine. Les plans d’aluminium donnent un effet furtif à ces objets posés dans l’espace, les allègent et réduisent leur effet de masse. Le dialogue offert par le reflet des textures du temps passé sur ces surfaces contemporaines synthétise les mutations des grands paradigmes sociaux à l’œuvre depuis le siècle dernier.