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Architecture & Dignité

Architecture & Dignité

Le prestige de l’architecture se mesure à l’aune d’une notion qui, à la différence du beau, de l’utile ou de la construction, est restée dans l’ombre des traités. C’est dans le berceau de l’architecture occidentale, à l’époque où l’art de bâtir était avant tout une offrande, que la dignité se fait jour, avec la colonnade sous fronton, visage du temple hellénique. La force de cette figure du portique laissera une marque si profonde dans les esprits que la production architecturale s’en inspirera au cours des siècles pour entretenir l’image de la dignité, au bénéfice du prince, de l’évêque ou de la collectivité. 

Percer le secret de cette longévité et de cette universalité conduit à retracer la généalogie des multiples motivations derrière l’acte d’édifier. La dignité, qui a survécu à son premier visage, dont les maîtres modernes ont renouvelé l’expression, est ce au nom de quoi les pouvoirs ont occupé la scène et décoré la ville, mais aussi ce dont le projet architectural s’est nourri pour noyauter les savoirs constructifs, ennoblir la fonction pratique des murs et vaincre la disparité des lignes du plan, de la coupe et de l’élévation par la volonté d’un tout ordonnateur. Elle peut mobiliser un plan souverain, à l’image du naos détaché et autonome, comme l’illustrent la Nouvelle galerie nationale de Berlin de Mies van der Rohe ou la bibliothèque Exeter de Kahn, ou une certaine manière de défier la gravité, que l’on peut observer aussi bien dans les palais des communes italiennes du Duecento que dans la modernité brésilienne — comme la Faculté d’architecture de Sao Paolo d’Artigas —, ou encore l’art de soulever, dont certains projets corbuséens — notamment la Cité radieuse — sont l’éclatante manifestation. 

Des premières cités occidentales à la ville postmoderne, cette notion éclaire d’un jour neuf les fonctions sociales du beau, mais aussi des notions majeures telles que l’utilité, la gravité, l’échelle, la structure, l’ordre ou le décor. La dignité permet également d’interroger sous un angle inédit les conditions de l’invention, la quête de sens depuis le siècle dernier, la place des modèles dans l’imaginaire des architectes, notre rapport au luxe et à la grandeur et notre attachement aux places dont les bâtiments ont la garde.

Karim Basbous est architecte, docteur de l’EHESS de Paris (thèse en esthétique sous la dir. de Daniel Arasse), Professeur HDR à l’ENSA de Paris Val de Seine (rattaché au laboratoire Evcau), et Professeur associé à l’École polytechnique (chercheur associé au Linx). 

Il est l’auteur de Avant l’œuvre, essai sur l’invention architecturale, aux Éditions de l’Imprimeur, et de nombreux articles dans la revue Le Visiteur dont il est rédacteur en chef depuis 2007, mais aussi dans plusieurs revues dont Faces, D’A, Les Cahiers de l’École de Blois, New Geographics, Albertiana, Les Cahiers de l’Herne, Decor, ainsi que des mensuels comme Le Monde Diplomatique. Le quotidien Libération a publié en 2015 l’entretien qu’il a mené avec Julien Gester sur l’œuvre de Le Corbusier. Karim Basbous est par ailleurs chargé des affaires culturelles de la Société française des architectes. Il donne régulièrement des conférences en France et à l’étranger (notamment à l’ENSA de Marseille, à l’Université de Belo Horizonte et à l’École polytechnique de Turin)

www.revue-conference.com

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