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    À Gand, l’ancienne tour Belgacom se réinvente en repère résidentiel et paysager

    Après plus de vingt ans d’incertitudes, l’ancienne tour Belgacom de Gand s’apprête à connaître une nouvelle vie. Le promoteur LIFE vient de déposer une nouvelle demande de permis pour transformer ce bâtiment brutaliste emblématique, situé entre l’Oude Beestenmarkt et Portus Ganda. Le projet prévoit 105 logements, des fonctions publiques au rez-de-chaussée et surtout la création d’un vaste jardin urbain accessible au public, d’environ 3 000 m².

    L’intervention marque une évolution significative par rapport aux précédents projets imaginés pour le site. Le volume construit sera réduit de 20 %, tandis que la part consacrée aux espaces verts augmentera de 25 %. Autre choix déterminant : aucune seconde tour ne viendra concurrencer le bâtiment existant. L’objectif est désormais de transformer la silhouette brutaliste plutôt que de la remplacer ou de la surcharger.

    Si le calendrier administratif se déroule comme prévu, le chantier pourrait démarrer en 2027, pour une arrivée des premiers habitants à l’horizon 2030.

    Conserver la tour, transformer son image

    Érigée dans les années 1970 sur les plans des architectes Dirk et Geo Bontinck, la tour est devenue au fil du temps l’un des bâtiments les plus reconnaissable, mais aussi le plus controversé de Gand. Surnommée par certains « le bâtiment le plus laid de Gand », elle constitue pourtant un véritable repère dans le paysage urbain.

    Le nouveau projet prend le parti de conserver cette structure existante et de travailler sur sa perception. LIFE poursuit à cette fin la collaboration avec Coussée Goris Huyghe architecten, bureau gantois notamment connu pour la conception de la bibliothèque De Krook.

    Le bureau avait remporté, il y a une dizaine d’années, le concours d’architecture consacré au site, à l’issue d’un processus comprenant notamment des consultations des riverains. Le projet actuellement soumis reprend d’ailleurs largement les principes de cette proposition initiale, davantage encore que le projet ayant précédemment obtenu un permis.

    Pour adoucir la présence massive de la tour, les architectes ont imaginé une structure métallique enveloppant le bâtiment comme une sorte d’élastique. Cette intervention vient modifier l’expression de la façade sans effacer l’identité de l’édifice existant.

    105 logements et une offre résidentielle diversifiée

    La transformation de la tour s’accompagne d’une nouvelle programmation résidentielle. Ses niveaux accueilleront des appartements de deux à quatre chambres, offrant des superficies comprises entre 150 et 250 m². Au sommet, une penthouse exceptionnelle bénéficiera d’un jardin périphérique.

    Trois bâtiments plus bas, de trois à six niveaux, compléteront l’ensemble à l’arrière de la tour. Ils accueilleront des logements plus compacts, de 70 à 150 m², comprenant une à trois chambres.

    Le projet entend également introduire davantage de diversité dans l’offre résidentielle. Vingt pour cent des logements seront ainsi consacrés au « logement modeste », avec des appartements compacts et abordables répondant aux recommandations du Vlaamse Codex Wonen et commercialisés sur le marché libre.

    Au-delà de la seule programmation résidentielle, les rez-de-chaussée seront occupés par différentes fonctions ouvertes sur le quartier, parmi lesquelles des espaces horeca, un espace wellness et des bureaux. L’ambition est de faire de la base du complexe un lieu animé, plutôt qu’un simple socle destiné aux habitants.

    Un jardin de 3 000 m² au cœur du projet

    La véritable transformation du site se joue toutefois au niveau du sol. Une grande partie des surfaces minérales existantes sera désimperméabilisée afin de créer une nouvelle continuité paysagère.

    LIFE travaille avec un collectif associé au paysagiste Piet Oudolf, figure internationale du paysage notamment connue pour la végétalisation de la High Line à New York et pour le jardin du Museum Voorlinden aux Pays-Bas. Ensemble, ils imaginent un jardin urbain public de 3 000 m², destiné à devenir un nouvel espace vert accessible à tous les Gantois.

    À ce jardin public s’ajoutera une importante cour intérieure destinée aux habitants et aux utilisateurs du site. L’ensemble formera ainsi une continuité végétale dépassant largement les seuls espaces accessibles au public.

    Le projet prévoit également une végétalisation des toitures et l’intégration de plantations dans les façades. L’objectif est de créer une continuité écologique entre le sol, les façades et les toitures, au bénéfice de la biodiversité.

    Plus de 100 arbres supplémentaires doivent notamment être plantés sur le site.

    Repenser les espaces publics autour du projet

    La transformation ne s’arrête pas aux limites de la parcelle. La Doornsteeg, notamment, sera élargie et fortement végétalisée. Le bâtiment sera implanté trois mètres plus loin de la rue que dans les précédentes propositions, libérant ainsi davantage d’espace pour les aménagements paysagers.

    La Ville de Gand envisage par ailleurs de végétaliser plus intensément la berme minérale longeant l’Oude Beestenmarkt.

    Certains éléments de l’ancien bâtiment pourraient également connaître une seconde vie. Les concepteurs étudient notamment la possibilité de réutiliser les anciennes marquises caractéristiques de la tour pour créer des bancs dans le nouveau jardin. Une manière de conserver quelques traces de l’histoire du site au sein de son nouvel environnement.

    Construire moins et réutiliser davantage

    La stratégie environnementale du projet repose autant sur la transformation de l’existant que sur l’ajout de nouvelles technologies. La structure principale de la tour sera conservée, tandis que différentes mesures doivent contribuer à limiter l’empreinte carbone du chantier et du futur ensemble.

    Cette logique concerne également la phase de construction. LIFE prévoit notamment de réutiliser les fondations existantes de l’ancienne construction arrière déjà démolie. Cette décision permettrait de réduire les travaux de terrassement et, par conséquent, une partie du trafic de chantier, des émissions et des nuisances sonores pour le voisinage.

    Pour le promoteur, la réduction du volume bâti et la réintroduction massive du végétal constituent ainsi deux faces d’une même stratégie : intervenir moins lourdement sur le territoire tout en augmentant la qualité des espaces de vie.

    Une nouvelle étape après deux décennies

    Après avoir figuré pendant plus de vingt ans dans le portefeuille du promoteur Gedevco, le projet a été repris par LIFE à la fin de 2024. Spécialisé dans les opérations de reconversion complexes, le développeur entend repartir du potentiel de la structure existante plutôt que de privilégier une démolition complète.

    La nouvelle demande de permis est désormais officiellement introduite. Une réunion d’information destinée aux riverains est également organisée afin de présenter le projet et son évolution.

    Si la procédure se déroule conformément au calendrier annoncé, les travaux pourraient commencer en 2027 et les premiers habitants s’installer en 2030.

    L’ancienne tour Belgacom ne disparaîtra donc pas du paysage gantois. Elle changera plutôt de rôle : de symbole brutaliste controversé, elle pourrait devenir le point culminant d’un nouveau morceau de ville où logement, espaces publics et paysage végétal cherchent à fonctionner ensemble. Une reconversion qui, pour une fois, tente de résoudre le problème architectural sans simplement le raser.

    — 3 septembre 2026 —