Le projet de l’Atelier Téqui Architectes pour la transformation d’un ancien garage en 63 logements sociaux avenue Parmentier à Paris a été désigné lauréat du Prix européen du logement collectif
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L’opération a été distinguée dans la catégorie rénovation le 8 octobre 2026 à l’occasion de la seconde édition du prix European Collective Housing Award, au terme de deux jours de délibération à San Sebastian (Espagne) dans le cadre des Journées européennes du logement collectif.
Organisé par l’Institut basque d’architecture en partenariat avec le centre d'architecture Arc-en-Rêve de Bordeaux, et avec le soutien du ministère du Logement du gouvernement basque, le projet a été sélectionné parmi 192 candidatures provenant de 36 pays européens, par un jury international présidé par Carme Pinós (architecte), et composé de Jing Liu (architecte), Catherine Sabbah (experte en politique du logement), Lucia Tozzi (chercheuse en urbanisme et journaliste) et David Madden (sociologue urbain et professeur).
Le jury a tout particulièrement salué « l'ingéniosité architecturale dont a fait preuve le projet pour intégrer des typologies de logements variées dans les contraintes d'une structure existante. Grâce à une utilisation remarquablement efficace de l'espace et à des agencements soigneusement étudiés, le projet transforme les contraintes structurelles en atouts, offrant une qualité spatiale exceptionnelle et des conditions de vie généreuses ».
L'événement a réuni les membres du comité consultatif du prix, des représentants institutionnels et de nombreux invités, autour des neuf équipes présélectionnées.
Les agences Thibaud Babled et Ignacio Prego ont été désignées lauréates dans la catégorie construction neuve. Nzi Architectes, Christophe Hutin et Woonwerk Architecten étaient finalistes en rénovation, et Cierto Estudio, Peris+Toral Arquitectes, Maker Architecten et Space&Matter en construction neuve.
Au cours des deux prochaines années, les projets feront l'objet d'une publication et d'une exposition itinérante, accueillie dans plusieurs musées européens.
Alors que ce type d’infrastructure disparaît progressivement des centres urbains, le projet fait le pari de la réutilisation : conserver l’essentiel de la structure de cet ancien garage, construit en 1957 par Claude Béraud, et reconfigurer les espaces pour accueillir 63 logements collectifs sociaux.
La façade emblématique est préservée et restaurée, comme témoignage de la mémoire du lieu, attestant de la présence automobile dans l’histoire de Paris et de l’évolution des politiques urbaines.
Une seconde façade est installée en retrait, les panneaux de bois la constituant lui octroient un aspect de meuble et un caractère réversible, protégeant les logements du bruit environnant et du froid hivernal.
La surélévation repose sur une structure poteaux-poutres métallique, associé à des planchers en bois CLT et à des façades à ossature bois revêtues d’un bardage en mélèze.
La démarche environnementale est ambitieuse, avec un recours important aux matériaux biosourcés, grâce à l’usage massif de différentes essences de bois combinées selon leur fonction.
Il illustre ainsi une transition possible des villes européennes : substituer une culture constructive de l’extraction, par définition limitée et souvent carbonée, par des systèmes hybrides qui ne s’épuisent pas, mêlant réemploi structurel et filière bois.
En conservant la façade-totem qui raconte l’histoire des politiques de la ville, en travaillant l’épaisseur des façades comme support d’usages, en multipliant les situations d’habiter, le projet démontre qu’il est possible d’inscrire la densité urbaine non plus comme une contrainte, mais comme une ressource pour inventer d’autres façons de vivre ensemble.


