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Sea of Time – Tohoku : art, architecture et mémoire

Situé dans la ville de Tomioka, dans la préfecture de Fukushima, le projet architectural Sea of Time – TOHOKU prend place sur une falaise surplombant l’océan. Cet espace circulaire protégé par une vaste toiture semble émerger du sol, comme si le bâtiment avait toujours été là.

L’architecture devient le prolongement du paysage et de la mémoire, offrant aux visiteurs une expérience contemplative : faire face aux chiffres flottants sur l’eau tout en regardant l’horizon. La collaboration entre l’artiste Tatsuo Miyajima et ATTA – Atelier Tsuyoshi Tane Architects donne naissance à une œuvre totale où art et architecture sont indissociables. Ensemble, ils créent un lieu où la mémoire devient expérience et où le paysage devient récit. Construite avec des matériaux locaux, notamment une pierre provenant de la région, l’œuvre est pérenne, ouverte sur la mer. Le projet incarne une mémoire vivante, où passé, présent et futur coexistent

Un lieu pour préserver la mémoire des disparus

Sea of Time – TOHOKU a été imaginé suite au séisme et au tsunami de Tohoku en2011, qui ont profondément bouleversé la région. À la suite de cette tragédie, Tatsuo Miyajima a proposé une œuvre destinée à préserver la mémoire des disparus. Le dialogue avec ATTA enrichit cette intention: l’installation n’est plus seulement une œuvre artistique, mais devient un lieu inscrit dans un paysage chargé d’histoire.

Une œuvre qui se déploie dans unvaste bassin circulaire de 200m2

L’œuvre se déploie dans un vaste bassin circulaire de 200 m², situé face à la mer, dans lequel 3 000 compteurs LED flottent et s’allument selon les choix des participants. Chaque chiffre, de 1 à 9,correspond à un intervalle de temps choisi par un contributeur et symbolise la duréependant laquelle le compteur reste allumé avant de s’éteindre puis de recommencer son cycle.

Un projet collectif et universel

Les contributeurs sont à la fois des habitants de la région du Tohoku et des participants internationaux souhaitant soutenir la mémoire collective en apportant leurs propres histoires ou intentions. Le projet fonctionne également comme un dispositif de financement participatif, et un appel aux dons reste ouvert afin de permettre à de nouvelles contributions de rejoindre l’installation.

Un espace de contemplation et de dialogue avec le temps et le territoire

Tatsuo Miyajima est un artiste contemporain japonais, qui transforme des chiffres lumineux en méditations sur le temps, la vie et la mémoire. Ses œuvres, présentées à l’international, notamment à la Biennale de Venise à deux reprises, reposent sur trois principes : « tout change », « tout est connecté », « tout continue pour toujours ». Refusant toute répétition formelle, il conçoit chaque œuvre comme une expérience singulière, souvent nourrie par des processus collectifs.

Depuis 2015, le projet mobilise des milliers de participants à travers des workshops organisés dans toute la région du Tohoku. Cette approche collective fait de Sea of Time – TOHOKU un lieu de mémoire vivant, où les histoires individuelles s’entrelacent dans un flux lumineux, transformant le bassin en une mer de souvenirs, de contemplation et de dialogue avec le temps et le territoire.

Cette approche trouve une résonance naturelle dans les réalisations d’ATTA, dont la philosophie « Archaeology of the Future » consiste à ancrer l’architecture dans la mémoire des lieux et à révéler l’histoire cachée des paysages.

Sea of Time – TOHOKUest une œuvre co-construite, où artistes, architectes, habitants et bénévoles participent à la construction d’une mémoire partagée

« Les nombres deviennent un langage universel pour penser la vie, le temps et la disparition. » — Tatsuo Miyajima

Chaque participant choisit un nombre, associé à une histoire personnelle qui vient enrichir l’œuvre collective installé dans un bassin circulaire de 200 m².Par exemple, l’un peut sélectionner 3 secondes en souvenir d’un moment familial, tandis qu’un autre choisira 9 secondes pour rendre hommage à un ami disparu. Même lorsque plusieurs personnes optent pour le même chiffre, chaque compteur porte une signification unique, formant ainsi une mosaïque vivante et en constante évolution. Les chiffres apparaissent et disparaissent en continu, donnant l’impression que le temps glisse sur l’eau. Ce mouvement évoque à la fois la continuité de la vie, le flux infini du temps et la mémoire invisible.

    — 15 avril 2026 —