
La politique de stationnement est l’un des rares domaines dans lesquels une commune maîtrise elle-même tous les leviers. Elle détermine aussi l’espace qui reste disponible pour les personnes. Une politique intelligente permet de végétaliser les rues, de rendre les quartiers commerçants plus attractifs, de réduire le trafic à la recherche d’une place et d’encourager la mobilité durable. L’impact est considérable : jusqu’à 30 % du trafic urbain est constitué d’automobilistes cherchant à se garer. Moins de voitures qui tournent en rond, c’est donc une meilleure qualité de vie pour les habitants et les visiteurs.
Il faut l’admettre : « le stationnement, c’est un combat », nous a dit un jour un fonctionnaire de la mobilité. « Une politique de stationnement, c’est un suicide politique », a ajouté un échevin, avant de la mettre tout de même en œuvre parce qu’il estimait qu’elle était nécessaire. Pour eux, et pour toutes les personnes travaillant dans une administration communale qui se reconnaissent dans ces propos, nous avons rédigé ce Expert Talk sur une politique de stationnement proactive : une échelle de six niveaux, du comptage à la construction. Il ne s’agit pas de tout faire d’un seul bond, mais de commencer de manière plus ciblée. — Tijs Veyt, Expert en politique de stationnement chez Sweco
La suite de cet article présente une échelle en six niveaux : mesurer, gérer le temps, attribuer les droits, fixer les tarifs, organiser la recharge et construire. L’ordre n’est pas arbitraire : chaque niveau rend le suivant possible. Il n’est pas nécessaire d’atteindre le sommet. Une commune de 15 000 habitants qui maîtrise les trois premiers niveaux mène une meilleure politique qu’une grande ville qui promet un bâtiment au sixième niveau sans avoir réglé le quatrième. Il faut surtout éviter que les niveaux se contredisent : c’est le piège le plus fréquent et le plus coûteux.
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